|
Leur premier album, L'Arrière-Monde, sorti en 1998, un peu bouillon et souvent ardu, ne
laissait pas présager les lumineuses ambitions pop de Pedrolira, Chevrotine et aujourd'hui Fantomatisme. Mais un homme a tout changé: Uwe Schmidt, aka
Atom, aka Senor Coconut, producteur inouï et magicien du son de Holden depuis Pedrolira.
Fantomatisme s'ouvre sur ces mots: "Il faut faire attention". N'en jetez plus, fin de la chronique, tout est là pour décrire la musique de Holden: ici il faut faire
attention à tout. Aux arrangements, aux changements de rythme, aux mélodies, aux silences, aux mots.
D'une apparente trivialité, la musique de Holden est en fait bourrée de leurres, de trompe l'oeil, de dédales. Si les Animaux du Club en ouverture ne m'a pas totalement
convaincu, Dans la Glace avec son hand-clapping un peu brut est ma vraie porte d'entrée dans cet album une nouvelle fois passionnant.
Puis vient Mia, titre important. Electro cheap, ritournelle totalement addictive, grosse basse, le titre me rappelle certains titres des années 80, comme ceux de Mikado. Je me
dis que c'est le genre de chanson derrière laquelle court Sebastien Tellier. C'est parfaitement assumé et divinement réussi.
Les arrangements de La Fin d'une Manche sont eux tout simplement hallucinants et fascinants. A la moitié du morceau, le groupe casse complètement le rythme de sa chanson pour y
coller un passage un peu jazz, puis la petite boucle électro reprend. Aujourd'hui, je ne vois que le japonais Cornelius pour tenter ce genre de chose. Ou alors, et plus surprenant, les
gars de Tortoise, voire Jim O'Rourke.
Tout l'album est du même accabit, d'une audace folle avec des collages dadaïstes à tomber à la renverse. Jamais abscon, le groupe aligne même quelques mélodies imparables (Un Toit
Etranger, tube en or massif) que notre chère France rance et frileuse va ignorer superbement, comme d'habitude.
Ceux qui ont du goût auront rejoint ma secte, réécouteront Les Grands Chevals (quelle chanson !), et attendront avec impatience le retour du groupe sur
scène (je garde toujours en mémoire leur terrible version de We Travel in Spaceways from Planet to Planet de Sun Ra, à la Cigale, il y a un bail déjà).
On peut écouter Holden ici: http://www.myspace.com/holdenfrance
|